Courrières

 

Depuis des jours déjà, le feu ne faiblit pas

Les fumées s’accumulent au fond des souterrains

Depuis des jours déjà, ça sent le gaz en bas

Le danger est présent, le risque est menaçant

 

Cessons l’activité !... demandent nos délégués

Principe de précaution dont se moque le patron

Nous sommes dix-huit cents à travailler sous terre

A brûler nos poumons pour gagner une misère


Refrain:

La mémoire sélectionne tout ce qu’elle abandonne

La mémoire fait le tri, choisit ce qu’elle oublie

L’abandon de ces hommes et l’oubli de leurs cris

 

Les accès sont bouchés, nous voilà prisonniers

On afflue de partout pour nous sortir du trou

La vie est suspendue, combien de disparus ?

Mais au bout de deux jours, la direction bloque tout

 

Stoppez l’arrivée d’air pour stopper l’incendie!

Tant pis si les secours ne peuvent plus descendre

Tant pis si les mineurs ne peuv’nt plus remonter

Préserver le gisement au mépris de la vie!


Refrain



 Refusons d’travailler tant que l'on peut sauver

Les copains emmurés, camarades sacrifiés

La colère, la fureur envahissent les corons

La grève, les défilés, la solidarité

 

Clémenceau réagit et il envoie l’armée

Vingt-mille hommes entraînés, ça ne va pas traîner

La répression s’abat sur la chair à patrons

Faire taire les opprimés, faire taire les ouvriers


Refrain

 

Trois s’maines après le drame, ils furent treize morts-vivants

A trouver dans la nuit le chemin d’ la sortie !

Et quatre jours plus tard, les pompiers purent sauver,

Revenu de l’enfer, un dernier rescapé 

 

Plus de mille-deux-cents morts : Qui se souvient encore ?

De l’enfer de Courrières, de l’envers du décor

D’un patron assassin, d’un  pouvoir qui soutient

Refusons d’oublier ces gueules noires sacrifiées…



  Dernier refrain:

        Refusons d'oublier, refusons d'oublier!

       Refusons d'oublier, refusons d'oublier!

      Refusons d'oublier ces gueules noires sacrifiées! 
 
 

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